opologie sociale
en collaboration avec Luca Greco,
Table des matières
Introduction de Natacha Chetcuti et Luca Greco : Théories féministes, théories linguistiques et enjeux catégoriels
Partie I. Langue et sexisme
Claire Michard : Rapport de sexage, effet idéologique, et notion de sexe en français.
Dominique Lagorgette : La ou les pétroleuses ? Du politique au sexuel, et retour.
Partie II. Corps et genre
Luca Greco : Un soi pluriel : la présentation de soi dans les ateliers drag kings. Enjeux interactionnels, catégoriels et politiques
Nelly Quenemer, Les contradictions corps/langage comme moteur du rire : parodies et incarnations de genre chez les humoristes femmes en France.
Partie III. Sexualités et normes
Natacha Chetcuti : La nomination de soi, entre catégorisation et intelligibilité : penser le genre.
Bruno Perreau : La réception du geste queer en France. Performance, subjectivation et « devenir minoritaire
Postface de Judith Butler
La « face cachée du genre » renvoie à la façon dont le langage continue à être dans les études de genre un objet presque invisible. Alors que les travaux des historien-ne-s, des littéraires, des philosophes, des sociologues, des anthropologues et des politistes sont largement intégrés dans le domaine des études de genre, on constate la quasi-absence des recherches linguistiques dans ce champ qui connaît depuis quelques années un véritable essor au sein des sciences sociales.
Ce livre se propose de combler ce vide en renouvelant les débats autour du langage en tant qu’outil de construction du genre, de reproduction des inégalités de sexes et de lutte contre la domination masculine.
À partir de la diversité des données, des contextes et des cadres théoriques mobilisés, les textes recueillis dans ce volume interrogent les rapports entre genre, langage et pouvoir, en convoquant plusieurs champs disciplinaires tels que la linguistique, la sociologie et les sciences politiques. Comment penser la capacité des individus d’agir sur le genre à travers le langage ? Telle est la question à laquelle cet ouvrage essaie de répondre.
Natacha Chetcuti est sociologue, rattachée à l’équipe « Genre, Santé Sexuelle et Reproductive » CESP – INSERM-INED et au laboratoire GTM (genre, travail, mobilité) [CRESPPA], CNRS, Paris. Ses travaux portent sur le rapport entre genre et sexualité.
Luca Greco est maître de conférences en sociolinguistique à l’Université de Paris 3 - Sorbonne Nouvelle. Ses travaux portent sur les procédés interactionnels de construction et de déconstruction du genre.
Ce livre à la fois novateur, riche et subtil est le pre-
mier à s'attacher à l'intimité des lesbiennes en
s'appuyant sur des récits de vie aussi bien hétéro-
sexuels que lesbiens. Il décrit les trois parcours qui
mènent à la construction de soi comme lesbienne et
s'intéresse au coming out, nous apprenant notam-
ment que la mise en couple est une manière privilé-
giée de se dire et de se révéler socialement lesbienne.
Les modalités de la rencontre et les manières d'être
en couple forment donc le cœur de cet ouvrage qui
tire aussi son originalité de l'analyse des « scripts
sexuels » des lesbiennes et qui comporte un très utile
petit glossaire du vocabulaire lesbien. Si le plaisir et
le désir ne se déclinent pas de la même façon chez les
lesbiennes et chez les hétérosexuelles, reste une
norme commune à toutes les femmes, quelle que soit
leur orientation sexuelle, et que ce livre met enfin en
valeur : la place donnée à l'autre.
Préface de Michel Bozon.
>> Page Facebook
en collaboration avec Maryse Jaspard,
Ce recueil d’articles s’appuyant, soit directement, soit indirectement sur les résultats de l’enquête Enveff (Enquête nationale sur les violences faites aux femmes en France), se situe résolument dans une optique féministe pluraliste. Même si les approches proposées peuvent diverger, toutes les contributions se réfèrent à une problématique de genre selon laquelle les violences contre les femmes résultent, en premier lieu, de la hiérarchisation des rapports sociaux de sexe.
L’ouvrage invite au renouvellement des débats trop souvent dominés par les polémiques en absence de véritables réflexions critiques.Quatre grandes questions sont ainsi traitées : les enjeux de la conceptualisation et du comptage de certaines formes de violences ; la relation entre violences publiques et violences « privées » et les stratégies d’autonomie des femmes : troisièmement, l’étude comparative des violences en métropole et outre-mer : enfin, l’analyse de l’impact qu’a produit la diffusion de l’enquête Enveff.
Ces textes témoignent de la volonté de poursuivre le combat de la reconnaissance scientifique et politique des violences contre les femmes. Certes, rien n’est jamais acquis, tout peut être repris. Le titre « Trois pas en avant deux pas en arrière », incline à une vision optimiste des transformations : un pas de plus dans la marche vers l’égalité et la lutte contre les violences sexistes.
en collaboration avec Claire Michard,
Cet ouvrage, issu d’une rencontre universitaire (3ème colloque international de la recherche féministe francophone, 2002), est le premier, en France, ayant pour objectif de rendre compte de l’interdépendance historique des mouvements lesbiens et des mouvements féministes à partir du point de vue de différents courants du lesbianisme. Renouant avec ce qui a constitué la base des mouvements des années 1970, époque où le va-et-vient était permanent entre la production militante et la production théorique, il réunit des textes de militantes et des textes de chercheures. Il montre que l’histoire de la pensée lesbienne et féministe, des années 1970 à nos jours, est marquée par des alliances, des tensions et des ruptures qui ont des répercussions tant du côté des études universitaires que côté des pratiques militantes. Il montre aussi que le contenu politique du lesbianisme, dans sa mise en cause de l’ordre établi, est constamment occulté, en particulier celui du lesbianisme radical – c’est-à-dire matérialiste, au sens philosophique et politique. Ce dernier, issu du féminisme radical et formalisé notamment par Monique Wittig, qui considère l’hétérosexualité comme le système politique de l’appropriation des femmes, est le plus souvent ignoré, présenté de façon caricaturale, ou détourné de la perspective matérialiste comme dans la tendance queer.
Monique Wittig et Judith Butler : du corps lesbien au phallus lesbienMonique Wittig fut à la fois l'auteur d'une oeuvre romanesque importante, une militante engagée dès l'origine dans le mouvement de libération des femmes, et une théoricienne prônant un féminisme matérialiste qui remet en cause, à partir du point de vue lesbien, la "pensée straight". Reconnu et étudié depuis longtemps déjà à l'étranger, et notamment aux Etats-Unis où elle a vécu, son travail d'écriture inextricablement lié à une activité militante et à une exigence théorique, restait à approfondir en France. Lire Monique Wittig, c'est interroger les rapports entre façons d'écrire, façons de parler et façons d'agir tels qu'ils se manifestent dans ses textes mêmes : c'est ce que propose ce livre, qui réunit des contributions d'universitaires, issu-e-s de différents champs disciplinaires, de militant-e-s, d'écrivain-e-s. Pour qui en effet se refuse à penser que la littérature appartienne aux arts décoratifs, pour qui pense qu'au contraire peuvent s'élaborer dans l'écriture des pratiques susceptibles d'être réappropriées et que le travail sur le langage est le lieu même où peuvent se former une pensée et une politique, alors "lire Monique Wittig aujourd'hui" s'impose.
L’objet homosexuel Les textes composant ce volume s’intéressent aux sciences sociales, aux sciences humaines ainsi qu’à la philosophie, mais aussi à la littérature. Ils examinent : 1) comment ces différents domaines ont abordé ou, parfois, « oublié » l’analyse et l’étude de l’homosexualité ; 2) comment des études menées dans les champs de la sociologie, de l’anthropologie, de l’ethnologie, de la psychanalyse, de la philosophie peuvent mobiliser un certain nombre de « préjugés », de paradigmes, de problèmes et schémas aboutissant à la construction d’un certain objet (ou d’objets) homosexuel ; 3) comment cette construction, ce qu’elle présuppose et implique, peuvent être critiqués, remis en question et « dépassés », et le sont effectivement, par exemple avec l’introduction de nouveaux paradigmes dans telle ou telle discipline, ou à travers les études de genre ou les études queer, etc. Chacun de ces textes, de manière personnelle, examine un aspect particulier de la production de l’objet homosexuel à travers ces différents champs pour en faire apparaître les limites mais aussi, éventuellement, pour construire de nouvelles configurations. Il ne s’agit évidemment pas d’être exhaustifs mais de proposer des échantillons d’analyses portant sur des points précis et particuliers. Il nous semble que, pour l’instant, des approches plurielles et circonscrites sont plus favorables qu’une approche unitaire et totalisante à ce travail critique d’invention – une interrogation plurielle des « objets », pour une subjectivation plurielle.
Diversité des féminismes
Le féminisme est encore trop mal connu dans l’opinion publique et il est souvent assimilé à un mouvement social homogène. L’objectif de cet ouvrage est d’en faire connaître la diversité mais aussi de montrer les réalisations féministes concrètes qui, depuis des décennies, permettent aux femmes d’exercer des droits ou de progresser, dans la sphère réelle autant que symbolique, vers l’émancipation. L’ouvrage brosse un large spectre de luttes féministes, de la première à la troisième vague du féminisme en Europe, de la Belgique à l’Inde, et interroge son rôle dans la capacité contemporaine des femmes à peser dans l’espace public. Contre les masculinismes – ou simplement contre l’indifférence d’une opinion publique – qui tendent à délégitimer le besoin d’une pensée et d’un agir féministes, ce numéro de Pensées féministes fait apparaître la multi-dimensionalité de ce mouvement et son ancrage dans les préoccupations quotidiennes et contemporaines des femmes. Les contributions sont reliées par un postulat commun : il n’y a pas de frontières infranchissables entre les féminismes et il est indispensable de penser ensemble ce qui se joue aujourd’hui pour les femmes dans la mondialisation néo-libérale.
Le choix de l’homosexualité : Dans la foulée du séminaire « Sociologie des homosexualités » (1998-2004) dirigé par Françoise Gaspard et Didier Eribon, une nouvelle génération de chercheuses et chercheurs s’est engagée avec résolution sur la voie des études gays et lesbiennes. Par son choix de l’homosexualité, elle confronte les sciences humaines et sociales à leurs impensés catégoriels et plaide pour « une autre dimension de connaissance » (Monique Wittig). Aux côtés de quelques-uns de meilleurs spécialistes français et étrangers, ces jeunes universitaires donnent l’occasion de découvrir des terrains aussi divers que fascinants : de l’amitié chrétienne médiévale au lesbianisme dans le mouvement des Femmes en noir en Israël, du cinéma militant des années soixante-dix au vécu des familles homoparentales, des catégories sexuelles antiques à la géographie commerciale parisienne, des comportements sexuels masculins dans le contexte du VIH aux modalités d’enregistrement du Pacs, etc.
Ont contribué à ce numéro : Marianne Blidon, Sandra Boehringer, Damien Boquet, Judith Butler, Baptiste Coulmont, Hélène Fleckinger, Françoise Gaspard, Marie-Elisabeth Handman, Rémi Lenoir, Jean-Yves Le Talec, Michel Lucey, Martha Mailfert, Laure Murat, Bruno Perreau, Valérie Pouzol, Wilfried Rault, Claude Servan-Schreiber et Florence Tamagne.
Dictionnaire du corps en sciences humaines et sociales De la naissance à la mort, le corps est notre compagnon d’existence. Dans nos sociétés développées, il est devenu depuis la libération sexuelle une préoccupation et un souci quotidiens, comme le montre de nos jours le développement des soins corporels. Chacun, à la recherche d’une harmonie entre corps et esprit, entre nature et culture, espère trouver en lui une thérapie pour soigner les maladies de la vie : angoisse, fatigue, stress, solitude, désamour. Des spécialistes en biologie, éthologie, histoire, sociologie, philosophie, psychologie, psychanalyse, anthropologie et littérature dressent le premier inventaire transdisciplinaire des représentations, des pratiques, des techniques et des théories du corps dans le monde contemporain, par le biais de rapprochements stimulants. De Ascension, Butô, Camping, Douleur, Eros, Faim, Greffe, Haptonomie, Incarnation, Jeunesse, Lesbianisme, Mélancolie … à Natation, Phrénologie, Queer, Rugby, Surdité, Thérapie, Utopie, Virus… Zoo Humain, près de 400 articles cernent le corps, reflet et réceptacle de la société, en construction et reconstruction perpétuelles, dans sa pluralité.
Penser le sexe de l’utopie à la subversion ?Ce numéro spécial des Cahiers de l’IRSA réunit les contributions des intervenant-e-s au colloque « Ordre sexuel symbolique : permanences/changements ?, organisé par l’EROSS le 25 avril 2002 sous l’égide de l’IRSA/CRI. L’occasion de revenir sur une interrogation au cœur des travaux de notre équipe… Après la révolution sexuelle, la libération des femmes et le mouvement homosexuel, l’ordre symbolique masculin/féminin norme-t-il toujours les rapports sociaux de sexe, a-t-il été bouleversé, ou bien ne fait-il que se recomposer ? L’écart entre l’hypothèse d’une dissolution de la hiérarchie et celle d’une permanence dans et par le changement dévoile un objet complexe pour lequel il convient de multiplier les éclairage. C’est pourquoi cette publication s’est enrichie des textes provenant d’un appel à communication en trois question. Le Sexe est-il pensable ? Quelles sont les dynamiques utopiques qui peuplent ses imaginaires ? Leur porté subversive permet-elle de réinventer ?
Ont contribué à ce numéro Michel Brix, Geneviève Duché, Ludovic Gussot, Delphine Mandin, Patrick Tacussel, Maks Banens, Marie-Hélène Bourcier, Christa Dumas, Philippe Liotard, Gaële Métivier, Alice Pechriggel, Christelle Pechdo, Alain Santino, Marie-Jo Bonnet, Nicolas Saëz.
Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes De Abba à Zweig en passant par Clubbing et Pacs, le présent ouvrage entend offrir un panorama complet des cultures gays et lesbiennes depuis la fin du XIXe siècle. En plus de 500 pages et près de 600 articles – dont une cinquantaine de dossiers thématiques : Associations, Cinéma, Féminisme, Publicité… –, il aborde non seulement les cultures littéraires, artistiques, intellectuelles, les cultures populaires (le cabaret, la mode, la télévision…), mais aussi les modes de vie, la sexualité, ou les enjeux sociaux et juridiques. Bien que mettant l’accent sur la France, il fait une large place aux personnalités et phénomènes étrangers, dès lors qu’ils ont eu un écho dans notre pays, tels Virginia Woolf, Pasolini, ou les émeutes de Stonewall. Plus de 200 illustrations, dont une trentaine répartie dans deux cahiers couleurs (l’un consacré aux arts plastiques, l’autre à la chanson), complètent l’ensemble. Premier grand dictionnaire de référence sur le sujet, il ne doit cependant pas, comme le rappelle Didier Eribon dans son avant-propos, « être considéré seulement comme une somme de connaissances et une invitation à la découverte. […] Face à tous ceux qui, imperturbablement, décennie après décennie, ont cherché (et continuent de chercher) à maintenir les cultures gays et lesbiennes dans la pénombre d’une quasi-invisibilité et à rétablir le silence chaque fois qu’il est brisé, cet ouvrage propose – et, n’hésitons pas à le dire, milite pour – une politique de la mémoire, une politique de l’histoire et une politique du savoir. Ce dictionnaire est un manifeste. »
Le Corps mangeant sous la direction de Annie Hubert et Jean-Pierre Poulain.Ont contribué à ce numéro :Hakima Ait El Cadi, Ken Alabala, Gérard Appeldorfer, Pascal Blanchard, Jesùs Contreras, Jean-Pierre Corbeau, Hélène Fache, Mabel Gracia Arnaiz, Dorothée Guilhem, Annie Hubert, Aurélie Martinez, Fabienne Martin-Juchat, Jean-Pierre Poulain, Michel Récopé, Géradline Rix, Florence Strigler, Karine Tinat, Wendy Wills.
NQF change !, Ont contribué à ce numéro :
Patricia Roux, Marylène Lieber, Jacqueline De Puy, Lucienne Gillioz et Véronique Ducret, Fabienne Malbois, Christine Delphy, Jules Falquet, Françoise Armengaud, Evelyne Rochedereux.
> Lesbianisme : théories, politiques et expériences sociales, n°1, introduction du numéro co-écrite avec Cécile Chartrain
> « De “On ne naît pas femme” … à “On n’est pas femme” De Simone de Beauvoir à Monique Wittig »
Ont contribué à ce numéro : Claire Michard, Diane Lamoureux, Jules Falquet, Gwénola Ricordeau, Line Chamberland et Julie Théroux-Séguin, Dominique Bourque, Clotilde Genon, Cécile Chartrain et Coraline Delebarre. Sandra Boehringer, Stéphanie Kunert.
Revue Labrys, 2002.
"Au-delà des apparences.Système de genre et mises en scène des corps lesbiens"
Article co-écrit avec Céline Perrin, n°1-2 :
lire l'article :
http://www.unb.br/ih/his/gefem/labrys1_2/index.html